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De vies en vies

Je crois que cela fait très longtemps que j’ai peur de me perdre à chaque fois que je perds l’autre. J’avais oublié qu’aujourd’hui je me suis enfin trouvé et que mon bonheur intérieur, ma réalisation, mon épanouissement ne dépend plus de l’autre. Tout ceci dépend uniquement de moi-même.


Il y a toujours plusieurs chemins possible, on le choisit d’abord intérieurement avant qu’il ne s’extériorise seul. J’aurais pu choisir toute ma vie, mes vies de vivre dans la culpabilité du désir de l’autre. Faire ce que l’autre qui nous a tant donné a décidé pour nous, par soucis de reconnaissance. Et par besoin d’être aimé...


Ailleurs, un autre jour, celui ci m’a conduit à la mort. J’ai d’abord pensé que l’autre m’avait voulu du mal, tant de mal... et j’ai fini par comprendre que je m’y étais amenée seule à cette mort.

J’avais choisi de culpabiliser et de ne pas partir.

Il faut beaucoup de courage pour s’affranchir. S’affranchir ce n’est pas seulement quitter une situation ou une personne mais c’est aussi décider d’être en accord avec soi-même.


J’ai longtemps trouvé des subterfuges pour trouver le courage de partir. Ils ne m’ont conduit qu’à plus de culpabilité et encore plus loin de moi-même. Plus enfermée. Je redéfinissais l’amour à chaque relation alors que je n’osais pas m’aimer. Je m’interdisais de définir ma vie seule, d’en avoir envie et surtout de la réussir sans l’aide d’un homme. Je culpabilisais d’avoir envie d’être plus forte qu’un homme, aussi libre et indépendante. Mon âme semblait encore bloquée au XIieme Siècle.


Partir pour soi-même, voilà le remède.


 
 
 

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